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Métiers de la coordination : une place qui se structure

Dernière mise à jour : 2 mai

article de Catherine Abou El Khair


L’autodétermination et la désinstitutionnalisation dopent les besoins de coordination des parcours. Les établissements de personnes handicapées créent aujourd’hui des postes dédiés, remaniant la répartition des missions au sein des organisations.


Dans sa structure, elle est la première « assistante aux projets et parcours de vie ». Jeune éducatrice spécialisée dans un dispositif « institut thérapeutique, éducatif et pédagogique » (Ditep), puis dans un foyer d’hébergement à l’Alefpa (Association laïque pour l’éducation, la formation, la prévention et l’autonomie) en Nouvelle-Aquitaine, Manon Suzano a pris ses nouvelles fonctions en février 2021. Elle se tient à la disposition des familles, hors des institutions, qui recherchent du soutien ou des renseignements pour leurs proches, par exemple lors de l’élaboration d’un dossier auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), ou pour les aider à accéder à leurs droits. «On rappelle aux familles que leurs choix ne sont pas restreints. A aucun moment, je ne vais leur dire ce qu’elles doivent faire», précise la jeune femme, satisfaite de cette mise en pratique d’un plus grand pouvoir d’agir des personnes.


A ce jour, 49 autres professionnels, en Nouvelle-Aquitaine et en Ile-de-France, se forment à ce nouveau métier, selon Nexem. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 prévoit 5 millions d’euros pour son déploiement, qui doit, selon ce texte, conforter le dispositif « Communautés 360 » venant proposer des solutions coordonnées aux personnes handicapées. A ce métier s’ajoute celui, antérieur, de « coordonnateur ». Alors que l’assistance aux projets et parcours de vie vise en théorie à redonner du pouvoir d’agir aux familles sans s’y substituer, «le coordonnateur de parcours est aussi au service des professionnels de son association», selon Matthieu Sibé, directeur adjoint de l’Isped (Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement) qui propose un diplôme interuniversitaire préparant à un tel poste. Sous l’impulsion des pouvoirs publics, ces deux métiers partagent la même finalité : personnaliser les projets et penser des parcours, sous l’effet de la désinstitutionnalisation et d’une attention plus marquée à l’autodétermination des personnes.




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